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À la recherche dAhmadinejad Une importante controverse a éclaté aux États-Unis et autour du monde à propos de la visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à New York, où il a pris la parole aux Nation Unies et à lUniversité Columbia. Qui est cet homme et que veut-il? Est-il un nouvel Hitler ou un leader avec des griefs compréhensibles avec lequel il faudrait entamer le dialogue? Abstraction faite des passions quil déchaîne et de la naïveté dont on fait trop souvent preuve à légard de ce dirigeant, comment peut-on lévaluer correctement? Il existe trois raisons distinctes qui expliquent pourquoi Ahmadinejad se fait démagogue face à une série de questions: Premièrement, il cherche à utiliser son attitude radicale extrémiste même dans le spectre politique iranien lui-même déjà extrême - pour gagner le contrôle du pays. À titre de leader dune faction particulière et par ambition personnelle, il tente de déplacer dautres factions. Après tout, le guide suprême Ali Khameini demeure la personne la plus puissante en Iran et le véritable rival dAhmadinejad au sein du pays. Deuxièmement, Ahmadinejad poursuit lobjectif de longue haleine de la révolution islamiste iranienne objectif auquel, toutefois, le régime na pas toujours accordé la plus haute priorité de répandre la révolution islamiste dans toute la région et démerger comme la plus puissante force au Moyen-Orient. Il existe un élément nationaliste sous-jacent ainsi quislamiste dans sa politique promouvant la primauté de lIran. Troisièmement, Ahmadinejad semble être un véritable croyant de lidéologie islamiste iranienne qui considère la politique internationale comme une lutte entre les vrais fidèles de dieu et les alliés de Satan. Les buts poursuivis par Ahmadinejad, donc, sont sa mainmise sur lIran, lemprise de lIran sur la région du Golfe persique (lIrak, en particulier), la destruction dIsraël, lascendant iranien sur le Moyen-Orient et même la domination mondiale, approximativement dans cet ordre. Essentiellement, Ahmadinejad nest pas un phénomène unique dans lhistoire moderne du Moyen-Orient. Le rôle à combler est celui de dirigeant des Arabes et des musulmans, ainsi que celui de principal ennemi des États-Unis, dIsraël et de lOccident. À cet égard, il est comparable au président égyptien Gamal Abdel Nasser des années 50 et 60, à lAyatollah iranien Ruhollah Khomeiny des années 70 et 80, au président irakien Saddam Hussein des années 80 et 90 et à Oussama Ben Laden dans la période précédant et surtout suivant le 11 septembre 2001. Toutefois, Ahmadinejad est aussi devenu un symbole du défi islamiste radical posé au reste du monde. En quoi Ahmadinejad est-il différent? Lélément clé, attribuable à ses propres propos et à son comportement, est que la prudence, un calcul rationnel de léquilibre des forces, ne semble pas lui inspirer la retenue. En dautres mots, il paraît capable de tout et, conséquemment, semble beaucoup plus dangereux. Cette conclusion nest pas une simple projection occidentale. Il y a fort à parier quil effraie parfois Khamenei lui-même. Voici quelques éléments appartenant à cet ensemble de problèmes :
Quest-ce qui atténue les dangers posés par Ahmadinejad? Il ne détient pas encore le contrôle complet de lIran et pourrait ne jamais réaliser cet objectif. Parce quil est un musulman chiite et nest pas arabe, il lui est plus difficile de jouer un rôle de leader dans le monde arabophone largement sunnite. Certes pas impossible, car ces barrières ont été partiellement surmontées, mais néanmoins plus difficile. Ainsi, Ahmadinejad na pas encore atteint un statut équivalent à Adolf Hitler ou à Joseph Staline à titre de principale menace mondiale pour la paix et la liberté, bien quil sefforce certainement datteindre ce rang. Il devrait être plutôt évident que le problème nest pas le résultat dun manque de communication et quengager le dialogue avec Ahmadinejad naura aucun effet modérateur. Il doit être opposé et son régime mis sous pression. Outre les problèmes posés par le gouvernement iranien en général, adopter une position tenace envers Ahmadinejad est nécessaire pour convaincre ses collègues rivaux quils doivent se débarrasser de cet homme et modérer le comportement de leur pays sils veulent assurer leur propre survie et celle de leur régime. Le professeur Barry Rubin est directeur du Global Research in International Affairs (GLORIA) Center, Centre détudes interdisciplinaires de Herzliya et éditeur du Middle East Review of International Affairs (MERIA) Journal et de Turkish Studies.
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