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ISRAËL DANS L'OTAN, UNE UNION IRRÉSISTIBLE ?
Julie Decroix*
Depuis
les années
1990, Israël et l'OTAN ont tous deux reformulé de manière
significative leurs doctrines stratégiques. Israël, dépassant
la question palestinienne, tente de développer une politique étrangère
libérée des pressions sécuritaires immédiates. L'Alliance
atlantique, surmontant d'abord un « vide stratégique »,
s'impose finalement comme un acteur de premier plan dans
la lutte contre le terrorisme. À l'heure où des voix s'élèvent
en faveur de l'entrée d'Israël dans l'OTAN, il faut prendre
la mesure du caractère naturel d'un tel rapprochement. En
effet, on assiste, depuis une quinzaine d'années, à des évolutions
stratégiques tout à fait similaires. Le moment n'est-il pas
venu pour ces destins parallèles de se croiser enfin ?
Dernièrement, des
voix se sont élevées dans les milieux diplomatiques et militaires
américains et européens--comme celle d'Antonio Martino, ministre
de la Défense italien--en faveur de l'intégration
d'Israël à l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord).
L'enjeu est d'importance car une intégration pleine et entière
d'Israël à l'Alliance atlantique impliquerait, de la part des
autres membres, une réponse collective à toute agression contre
l'État juif, laquelle serait alors considérée comme une attaque
dirigée contre l'Organisation même.
L'idée d'élargir
l'OTAN à Israël n'est pas nouvelle. Déjà soulevée dans le passé par
l'éditorialiste Thomas Friedman[1], quoique de manière moins formelle, cette option
a plus récemment été défendue par une plaidoirie de choix,
celle de José Maria Aznar, ancien premier ministre espagnol,
suite à la première visite en Israël du secrétaire général
de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer. Depuis qu'Aznar a quitté la Moncloa (palais présidentiel espagnol),
il fait la promotion des travaux du centre de réflexion qu'il
a fondé, la
Fondation pour l'analyse et les études sociales (FAES). Dans
ce cadre, il présenta un rapport sur la rénovation de l'Alliance
atlantique en novembre 2005 devant l'American Entreprise
Institute (centre de réflexion américain d'influence),
puis publia un article dans le Wall Street Journal[2]. Dans ce rapport, intitulé « L'OTAN :
une alliance pour la liberté »[3], le FAES préconise de refonder l'OTAN sur un nouveau partenariat
stratégique dédié à la lutte contre le terrorisme, avec pour
nouveaux membres des démocraties telles que le Japon, l'Australie
et Israël. Concernant ce dernier, cette idée provoqua certaines
réticences, du fait de la rupture qu'elle suppose d'avec le
fondement de la doctrine stratégique israélienne[4]--ne
reposer que sur soi-même pour sa défense--ou encore de la possibilité que
des pays hostiles à Israël s'en prennent à lui en prétextant
des représailles contre des actions conduites conjointement
par la coalition[5].
Ces
dernières années,
la coopération entre Israël et l'OTAN a évolué. Les deux entités
tissent des liens de plus en plus étroits, autant au niveau
multilatéral, dans le cadre du dialogue méditerranéen, qu'au
niveau bilatéral. En décembre 2004, à l'occasion de la cinquième
conférence de Herzliya (Israël), des représentants de l'OTAN
avaient même appelé Israël à renforcer ses relations avec l'Alliance. À la
question : « Israël serait-il capable de 'porter
le fardeau' ? », la réponse fut positive. En effet,
Israël, qui entretenait déjà des liens militaires privilégiés
depuis 1996 avec l'un des membres de l'OTAN, la Turquie, annonça ainsi sa détermination à participer à l'opération Active
Endeavor, une série d'exercices dans la mer Méditerranée
destinés à contrer toute attaque terroriste. D'aucuns avancent
qu'Israël, déjà partenaire de l'OTAN, aurait trop peu à gagner
d'une officialisation de son statut en une adhésion pleine
et entière, si ce n'est des contraintes et des restrictions à sa
liberté d'action. D'autres considèrent encore que sa relation
privilégiée avec les États-Unis, suffisamment forte, devrait
lui épargner de chercher d'autres alliés à l'Ouest[6].
Pourtant,
aussi surprenante qu'elle puisse paraître, l'idée qu'Israël adhère à l'OTAN
s'inscrit de manière naturelle dans la formation à la fois
du concept stratégique de l'Alliance et de la politique étrangère
israélienne--deux évolutions qui se sont jouées en parallèle
depuis les années 1990. En effet, du fait de l'effacement de
la menace soviétique, l'OTAN remit intégralement en cause son
socle stratégique. Ayant révisé ce dernier à deux reprises
depuis la chute du communisme, l'Organisation semblait à la
recherche d'une nouvelle mission. Elle s'est finalement réorientée,
depuis le 11 septembre 2001, dans la lutte contre le terrorisme
et vers des partenariats avec le Moyen-Orient. De même, dans
le cas d'Israël, une nouvelle donne stratégique a vu le jour,
avec pour objectif de libérer la politique étrangère de ses
contingences sécuritaires. Les accords d'Oslo de 1993 ont été l'occasion
d'envisager un dépassement de la question palestinienne et
de la chute de l'URSS, offrant des opportunités nouvelles d'alliances,
notamment dans les domaines économique et technologique. Les
revirements stratégiques de l'Alliance et d'Israël, quoique
nettement distincts, expliquent en partie les causes du rapprochement
de ces deux parties ces dernières années.
Alors
que l'Alliance se réforme, le débat qui agite aujourd'hui les milieux diplomatiques
quant à l'accession de l'État juif au statut de membre est
l'occasion de revenir sur les origines du rapprochement entre
Israël et l'OTAN et de s'interroger sur le bien-fondé d'une éventuelle
adhésion. Ce débat permet aussi et surtout de mettre en parallèle
15 ans de réflexions stratégiques respectives.
UN
RAPPROCHEMENT PROGRESSIF
Israël obtint récemment
le statut d'observateur permanent à l'OTAN, ce qui lui confère
un droit de veto sur les décisions de l'Alliance concernant
directement les affaires du pays. Néanmoins, sans en être membre à part
entière, Israël réalise depuis longtemps des échanges très
importants avec l'OTAN, notamment en matière de renseignement
dans le cadre de la lutte contre le terrorisme[7].
Au
niveau multilatéral, cette
coopération se place dans le cadre du dialogue méditerranéen
et comporte, entre autres, des activités de lutte contre le
terrorisme et contre les armes de destruction massive, visant à sécuriser
les frontières et à se préparer aux désastres massifs et aux états
d'urgence. Elle implique, côté moyen-oriental, la participation
de l'OTAN à des manœuvres, sa consultation pour effectuer des
réformes dans le domaine de la défense, l'établissement de
relations politiques et militaires, et enfin, la prévention
de contrebande d'armes et de drogues.
Créé en 1994, le
dialogue méditerranéen comprend sept participants : l'Algérie,
l'Égypte, Israël, la
Jordanie, le Maroc, la
Mauritanie et la
Tunisie. En 2002, l'Alliance décida de réactiver le dialogue,
alors dans un état de paralysie tel qu'il avait peine à soutenir
un statu quo et réaffirma son engagement
envers lui, concrétisé par le PAP (Plan d'action du Partenariat).
Ce plan insiste sur les questions de libéralisation et de démocratisation,
les lignes directrices (ou règles d'adhésion) étant les droits
de l'homme, l'égalité des droits des femmes et la conduite
d'élections libres[8].
L'OTAN
manifeste un intérêt croissant pour le Moyen-Orient et continue de renforcer
sa coopération stratégique avec Israël. En avril 2001, Israël
signa un accord de sécurité avec l'OTAN dans le cadre du dialogue
méditerranéen. Les deux parties effectuèrent ainsi leur premier
exercice naval conjoint en mars 2005 dans la mer Rouge. Un
mois auparavant, le 24 février, le secrétaire général de l'OTAN
se rendait pour la première fois en visite officielle en Israël.
Ce déplacement s'inscrit dans le cadre de l'Initiative de coopération
d'Istanbul (ICI), lancée lors du Sommet d'Istanbul des 28 et 29
juin 2004, lequel marqua un nouvel élargissement de l'OTAN
vers le Caucase et le Moyen-Orient. En mai 2005, Israël fut
admis à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN. En mars, puis
en avril 2006, une délégation du Groupe des fournisseurs nucléaires
(Nuclear Suppliers Group), dirigée par l'Ambassadeur
de Norvège Roald Naess, se rendit en Israël afin d'établir
les bases d'une collaboration permanente concernant l'exportation
de matériaux et de technologies nucléaires[9]. Enfin, Israël choisit de finaliser le PCI (Programme
de coopération individuelle) le 16
octobre 2006, ce qui représente un pas significatif dans l'avancée
de la coopération entre l'État juif et l'Alliance atlantique.
En effet, ce programme, qui s'inscrit dans le cadre du dialogue
méditerranéen, représente une reconnaissance par l'Organisation
de la contribution d'Israël aux travaux de l'Alliance.
Certains, à l'instar
de Zaki Shalom, chercheur à l'université de Tufts, avancent
que ce rapprochement s'est produit à la faveur de l'évolution
récente de la situation en Israël : reconnaissance progressive
du leadership palestinien et de la nécessité de lutter contre
le terrorisme qui menace la sécurité du pays, renforcement
des relations entre Israël et l'Égypte[10], et plus récemment, émergence d'une politique
unilatérale initiée par le gouvernement Sharon pour dépasser
la question palestinienne, dont le désengagement de la bande
de Gaza en est l'exemple le plus abouti. En réalité, les relations
entre l'OTAN et Israël semblent tout autant favorisées
par l'évolution de l'Alliance elle-même : sa position
vis-à-vis d'Israël aurait évolué, du fait de sa prise en compte
des nouvelles menaces et de son rôle de garant des valeurs
démocratiques contre le totalitarisme fondamentaliste.
Quoique
significatif, le rapprochement entre l'OTAN et Israël n'a toutefois pas abouti à un
engagement formel sur le long terme. Pourtant, beaucoup d'observateurs
et acteurs (diplomates et militaires) insistent sur l'idée
qu'une adhésion d'Israël serait profitable tant à l'État juif
qu'à l'Alliance atlantique.
LES
TERMES DU DÉBAT
D'un
point de vue formel, Israël pourrait tout à fait revendiquer sa place parmi
les membres de l'OTAN, dans la mesure où il satisfait aux exigences
de l'Organisation : être une démocratie, fonctionner en économie
de marché et détenir les capacités de contribuer à la défense
commune. Concernant ce dernier point, l'État juif consacre
près de dix pour cent de son produit intérieur brut (PIB) à son
budget de défense (contre 2,5 pour cent pour la France et 4 pour cent pour les États-Unis), et dispose d'une armée
d'active de 167 000 hommes et femmes et 358 000 réservistes.
Il possèderait également 200 têtes nucléaires, en plus d'une
armée de l'air et d'une marine nationale[11]. En outre, Israël partage deux des principaux
objectifs de l'OTAN : la lutte contre le terrorisme et
la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive,
lesquelles représentent les préoccupations immédiates de Jérusalem,
comme le démontrent la crise avec le Liban durant l'été 2006
ainsi que l'actuelle crise iranienne[12].
La
visite de Jaap de Hoop Scheffer en février 2005, dont le but était d'accroître
la coopération stratégique entre Israël et l'OTAN, incita les
Israéliens à prendre en considération les possibles avantages
qu'ils tireraient d'un éventuel assouplissement de leur impératif
stratégique afin de rejoindre l'Alliance. Les Israéliens ayant
toujours hésité à confier leur sécurité à un tiers, le préalable à toute
intégration dans une coalition formelle comme l'OTAN serait
qu'Israël dépasse le « principe d'autoprotection » (ou self-help).
L'ambiguïté de ce principe tient au fait que d'une part Israël
est conscient que sa sécurité permanente doit correspondre
au maintien d'une supériorité militaire qualitative sur l'ensemble
des forces armées de ses ennemis potentiels, à la fois intérieurs
et extérieurs, mais d'autre part, dans l'intérêt de la paix
dans la région, il ne peut compter que sur sa propre capacité d'autodéfense
pour assurer sa survie.
Les
sceptiques font valoir qu'une adhésion rendrait Israël trop dépendant
de l'Alliance et, de fait, prisonnier de certaines obligations[13]. L'adhésion restreindrait ainsi
la liberté d'action d'Israël : dans le traité actuel,
les attaques unilatérales décidées par les pays membres pour
défendre leurs intérêts vitaux ne sont pas formellement rejetées,
mais il est possible que certains des membres influents de
l'Alliance exigent d'Israël une consultation préalable. Aussi,
certains craignent que les Alliés n'enjoignent Israël à abandonner
l'option nucléaire, laquelle ne leur paraîtrait alors plus
pertinente. D'autres analystes doutent également du fait que
l'entrée dans l'OTAN puisse véritablement permettre à Israël
d'augmenter ses capacités de dissuasion, ce dernier disposant
déjà de l'arme atomique et d'une armée très efficace dans le
cadre d'une éventuelle confrontation militaire. De surcroît,
sa relation privilégiée avec les États-Unis, ainsi que sa coopération
déjà effective avec les membres de l'Alliance, sont autant
d'autres puissants facteurs dissuasifs.
Certains--notamment
Zaki Shalom--objectent encore que les présentes menaces à la
sécurité d'Israël étant de nature non conventionnelle, il est
difficilement concevable que le surplus de capacités militaires
offertes par l'OTAN soit de la moindre assistance. Israël possède
déjà a priori les capacités nécessaires pour répondre à un
conflit de basse intensité, que ce soit en terme de moyens
dissuasifs ou en terme de moyens militaires, et ce malgré les
limites inhérentes aux réponses conventionnelles face aux actions
terroristes. Enfin, dans le cadre de l'article 5 du Traité de
l'Atlantique Nord[14], Israël pourrait être amené à conduire
des actions militaires à l'étranger--ce qui serait sans précédent--pour
lesquelles Tsahal, l'armée israélienne, n'est pas préparée[15]. Toutefois, comme le souligne Frédéric Encel :
Depuis
au moins 1967, Tsahal entretient un corps de doctrine privilégiant la
manœuvre [...]. La combinaison guerre-éclair aéroblindée
demeure [...] l'un des axiomes stratégiques de base : elle
offre à Israël [...] de porter la guerre à l'extérieur des limites
exiguës du pays (et de s'épargner ainsi les dommages sur les
villes, le tissu agricole et industriel, les infrastructures,
les axes de communication).[16]
En
réalité, les
avantages potentiels--d'ordres diplomatique, stratégique et
militaire, voire même économique--qui accompagneraient une éventuelle
adhésion d'Israël à l'OTAN, demandent de dépasser la méfiance
initiale de ceux qui redoutent un tel projet. D'un point de
vue diplomatique, une adhésion à l'OTAN offrirait à Israël
non seulement une reconnaissance croissante au sein de la communauté atlantique,
son « habitat naturel »[17], mais renforcerait également son statut politique
en permettant à ses voisins arabes, notamment à l'Égypte mais
aussi aux Palestiniens, de réaliser que la communauté internationale
ne coopère pas avec Israël uniquement sur des grandes questions
politiques mais également sur des questions concernant des
domaines précis. En effet, si la plupart des membres de l'OTAN
n'adhèrent pas aux positions israéliennes et vont même jusqu'à contester
la politique de défense d'Israël, ils entretiennent néanmoins
des relations bilatérales avec ce dernier, souvent considérées
comme bonnes. Ainsi, les désaccords affichés sur la scène internationale
et dans le cadre des institutions multilatérales n'empêchent
pas l'établissement d'une coopération avec Israël dans des
domaines spécifiques, qu'ils soient militaires, économiques
ou politiques. L'adhésion d'Israël élargirait également sa
marge de manœuvre vis-à-vis du gouvernement américain :
il se libèrerait enfin de cette image de pays isolé, mis au
banc de la communauté internationale et avec pour seul allié les États-Unis,
garants de sa sécurité.
D'un
point de vue stratégique et militaire, cette adhésion à l'OTAN permettrait à Israël
de renforcer ses moyens de dissuasion envers les pays représentant
une menace directe ou indirecte à sa sécurité, soit notamment
l'Iran et la Syrie, du fait de leur soutien à des groupes
tels que le Hezbollah. Pour être dissuasif, Israël doit avant
tout projeter une image de force, quelle que soit l'effectivité de
sa puissance. C'est d'ailleurs sur ce principe--d'une puissance
fantasmée plus dissuasive que la puissance connue--qu'Israël
a fondé sa doctrine de l'ambiguïté nucléaire. La
Syrie et l'Iran assisteraient ainsi à un renforcement d'Israël,
du fait de son accession au statut de membre de l'Organisation,
et l'alliance israélo-turque s'en verrait également renforcée
(la Turquie étant
membre de l'OTAN depuis 1952) compte tenu de l'arsenal militaire
turc--2ème plus grande armée de l'OTAN--et de sa proximité géographique
avec l'Iran et la Syrie. Israël serait en outre
en mesure de renforcer ses capacités militaires grâce à des échanges
techniques et des manœuvres conjointes qui permettraient à Tsahal
d'accroître sa connaissance et son expérience dans les opérations
de grande envergure, tant terrestres que maritimes ou aériennes.
Cela consoliderait également les sources d'information dont
dispose Israël pour combattre le terrorisme, d'autant que Tsahal--armée
de pointe luttant contre un terrorisme de guérilla--subirait
un affaiblissement significatif depuis 1973, si l'on en croit
le polémologue israélien Martin Van Creveld. En effet,
d'après ce dernier, « lorsque l'on combat un adversaire faible,
l'on s'affaiblit soi-même »[18].
D'ailleurs, l'issue de la crise libanaise de l'été 2006, considérée
par d'aucuns comme une victoire stratégique d'Israël ayant
permis l'affaiblissement des infrastructures et de la direction
du Hezbollah, reste toute relative.
Enfin,
d'un point de vue économique, le marché de l'armement pourrait s'élargir.
Bien qu'Israël soit déjà le meilleur allié, non membre de l'OTAN,
des États-Unis, un développement de la coopération avec d'autres
pays serait un avantage conséquent.
Ainsi,
continuer, et même accroître dans le cadre d'une adhésion, la coopération
entre Israël et l'OTAN permettrait de servir les intérêts politiques,
diplomatiques, stratégiques et économiques des deux parties.
Il s'agirait d'un gain considérable aux désavantages minimes
pour l'État juif, lequel disposerait d'un véritable éventail
d'options sur la scène internationale. Jusqu'à présent, l'OTAN
fit clairement preuve d'une certaine retenue envers Israël,
probablement motivée par une volonté d'attendre un apaisement
sur le front palestinien. Cependant, la mort d'Arafat et la
stratégie de retraits unilatéraux entreprise sous le gouvernement
Sharon, possiblement bientôt poursuivie par la mise en œuvre
du plan de convergence du gouvernement Olmert, laissent à penser
que l'Alliance devrait se montrer moins frileuse.
DES ÉVOLUTIONS
STRATÉGIQUES ANALOGUES
Le
rapprochement progressif effectué entre l'OTAN et Israël semble émaner non
seulement d'une volonté politique des deux parties mais aussi
du fait que les doctrines stratégiques de l'Alliance et de
l'État juif ont connu des évolutions comparables ces quinze
dernières années.
L'histoire
de l'OTAN, créée en 1949 avec pour mission première d'instaurer un front
uni face à la menace soviétique, a connu jusqu'à nos jours
trois grandes phases. Tout d'abord, durant la guerre froide
et ce jusqu'en 1989, le principal moteur de l'Alliance était
la résistance face à la menace soviétique. Ensuite, au cours
des années 1990, la perte de l'ennemi commun provoqua une véritable
crise pour l'Alliance, dont la mission première devenait obsolète.
L'urgence de s'adapter au nouvel ordre mondial qui en découla
se solda en 1991 par l'élaboration d'un nouveau concept stratégique.
Enfin, en 1999, l'OTAN décida de s'élargir aux pays de l'ex-bloc
de l'Est (Pologne, Hongrie, République Tchèque) et redéfinit
ainsi à nouveau sa doctrine stratégique. Pour reprendre les
mots du secrétaire général de l'époque, Javier Solana, l'objectif
devint alors de garantir la sécurité en Europe et d'assurer
la défense des valeurs démocratiques à l'intérieur comme à l'extérieur
des frontières ; d'où un accroissement des activités dites « hors
zone », c'est-à-dire hors du territoire des pays membres.
La gestion de la crise du Kosovo en est l'illustration pratique.
Ainsi,
dans un premier temps, l'Alliance redéfinit sa vocation par un élargissement
vers l'est et par une modification de son champ fonctionnel.
Aujourd'hui, l'Organisation a définitivement tourné une page
de son histoire : alors essentiellement axée sur la défense
collective de ses membres dans l'éventualité d'une attaque
militaire, elle fait à présent de la lutte contre le terrorisme
l'une de ses priorités.
Le
concept stratégique élaboré en
1999 définissait déjà le terrorisme comme une menace de l'après-guerre
froide, même si, à l'époque, les Alliés n'y accordaient que
peu d'attention. Le 11 septembre 2001 fut le véritable déclencheur
d'une réelle prise de conscience de l'OTAN sur le sujet. D'ailleurs,
dans les 24 heures qui suivirent l'attaque, l'article 5--ou
clause de défense collective du Traité de Washington--fut invoqué pour
la première fois dans l'histoire de l'OTAN. La possibilité de
faire entrer la
Russie dans l'Alliance fut même considérée et toute une série
de mesures visant à soutenir les États-Unis fut mise en place[19].
La
plupart des concepts et doctrines de l'Alliance furent alors
révisés afin
de répondre aux défis posés par le terrorisme. La nouveauté principale à cet égard
réside dans le « Concept militaire de l'OTAN relatif à la
défense contre le terrorisme », ratifié lors du sommet
de Prague en 2002. Selon ce document, la défense contre le
terrorisme devenait désormais partie intégrante des missions
des forces de l'Alliance. Le Concept militaire envisage en
outre un déploiement des forces en dehors de la zone euro-atlantique
en cas de nécessité, à tout moment et endroit, sur la base
d'une décision du Conseil de l'Atlantique Nord.
D'autre
part, les capacités militaires furent également renforcées grâce à la
création d'un laboratoire d'analyse nucléaire, biologique et
chimique (NBC) ployable, d'une équipe de réaction aux incidents
NBC, d'un centre virtuel d'excellence (notamment pour la défense
contre les armes NBC) et même d'un Bataillon OTAN de défense
CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire).
Des opérations sont aussi menées dans cet objectif : L'opération Active
Endeavour permet d'assurer la surveillance du trafic maritime
en Méditerranée. D'octobre 2001 à mai 2002, l'opération Eagle
Assist, mise en œuvre au lendemain du 11 septembre 2001,
consistait pour l'OTAN à affecter aux États-Unis des avions
de son système aéroporté de détection lointaine. On peut également
citer des opérations menées en Afghanistan et dans l'ouest
des Balkans afin d'empêcher des groupes terroristes de perturber
les efforts visant à établir la paix et la stabilité dans ces
régions. La FIAS
(Force internationale d'assistance à la sécurité), dirigée
par l'OTAN en Afghanistan, a, entre autres, apporté son soutien
aux processus d'élections présidentielles et parlementaires.
Enfin, des coopérations en matière de lutte contre le terrorisme
furent mises en place, d'abord conjointement avec la
Russie puis avec tous les partenaires de l'OTAN[20],
particulièrement ceux du Moyen-Orient, y compris Israël.
Parallèlement à l'Alliance
atlantique, Israël connut un revirement stratégique à partir
des années 1990. Du fait de la chute de l'URSS et de la signature
des accords d'Oslo en 1993, la politique étrangère israélienne
entra dans une période nouvelle et se retrouva d'une certaine
façon désobstruée de ses impératifs sécuritaires. Ainsi, Israël
devint également l'un des avant-postes de la lutte anti-terroriste.
Politique étrangère
et sécurité ne s'accordent pas toujours en Israël, du fait
de la délimitation incertaine entre ces deux domaines. Depuis
son indépendance, et même lors des prémices du Yishouv (Israël
avant la création de l'État), Israël a toujours été confronté à des
menaces existentielles de diverses formes, qu'il s'agisse de
conflits avec ses voisins arabes ou d'attaques terroristes
sur son territoire. Ceci contribua à l'entremêlement de la
dimension sécuritaire de la politique nationale avec les objectifs
de la politique étrangère du pays.
Toutefois,
il semble que l'État juif bénéficie depuis les années 1990 de nouvelles
opportunités politiques et diplomatiques susceptibles de lui
permettre de dépasser son tropisme sécuritaire. Deux évènements
favorisèrent cette ouverture vers la scène internationale :
l'effondrement de l'Union soviétique et du modèle international
bipolaire d'une part, puis les accords d'Oslo, lesquels marquèrent
la reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'OLP (Organisation
de libération de la Palestine) ainsi que le début d'une tentative,
côté israélien, de dépassement de la question palestinienne.
En conséquence, Israël put profiter d'un regain d'intérêt de
la part de ses anciens partenaires puis renforcer ses liens
avec ces derniers, tout en bâtissant des coopérations nouvelles,
particulièrement en matière de lutte anti-terroriste.
La
fin de la guerre froide et le dégel du carcan bipolaire ont permis à la
diplomatie mondiale de se libérer de sa chape de plomb. De
même, grâce aux accords d'Oslo en 1993, Israël fut en mesure
de développer de nouvelles alliances--autant d'ouvertures diplomatiques
et commerciales qui lui permettent aujourd'hui de se délester
de sa problématique sécuritaire pour exercer une politique étrangère
plus classique et diversifiée. Comme le rappelle May Chartouni-Dubarry : « La
paix avec l'Égypte et la
Jordanie, l'effondrement de l'URSS et le processus de paix
ont écarté la menace de type 'existentiel' qui pesait jusque
là sur Israël, légitimant l'état d'alerte et de mobilisation
permanent au sein de la population »[21].
Cependant,
avant les années 1990, Israël avait déjà développé des partenariats
avec la Turquie, l'Iran du Shah et certains pays
d'Afrique--notamment le Kenya, l'Éthiopie et l'Ouganda--dans
le but de dépasser l'hostilité arabe. Il avait d'autre part
acquis quelques soutiens grâce à des échanges commerciaux avec
des pays développés, particulièrement ceux de l'OCDE (Organisation
de coopération et de développement économiques), comme l'Europe,
le Japon et le Canada, et grâce à son engagement envers des
pays en développement. Depuis, les échanges diplomatiques,
commerciaux et militaires se sont étendus à des pays comme
l'Inde, et ce spécifiquement dans le domaine de la coopération
anti-terroriste, préoccupation accentuée depuis le 11 septembre
2001. C'est d'ailleurs à la faveur de sa lutte contre le terrorisme
qu'Israël put se rapprocher davantage des États-Unis en participant à l'action
de l'Administration Bush et à la promotion de la démocratie
au Moyen-Orient.
En
1993, les accords d'Oslo et la reconnaissance mutuelle entre
Israéliens et Palestiniens
qui en résulta marquèrent une ouverture diplomatique pour Israël.
Par la suite, le traité de paix avec la
Jordanie, signé en 1994, permit à Israël de régler la question
sécuritaire avec ce pays, et ce à la faveur de trois éléments :
tout d'abord, il existe une frontière bien définie et sûre
entre les deux pays ; ensuite, la
Jordanie possède un gouvernement solide ; enfin, aucune
implantation juive n'est installée du côté jordanien[22]. Israël n'a en effet de frontières définies
qu'avec les pays avec lesquels il a signé des accords de paix--soit
l'Égypte et la Jordanie--tandis que les frontières avec
le Liban, la
Syrie et le futur État palestinien sont des lignes d'armistice,
lesquelles feront l'objet d'aménagement dans le cadre de négociations
futures[23]. En outre, depuis la fin des années 1990,
des alliances via des relations commerciales, jusqu'à lors
non officielles ou d'ordre privé, trouvent leur aboutissement
grâce à la reconnaissance d'Israël et l'instauration de liens
diplomatiques. C'est notamment le cas avec le Qatar ou le Koweït.
Enfin, la fin de la guerre froide puis le 11 septembre 2001
ont tous deux reconfiguré la carte des relations établies par
Israël avec d'autres pays. En matière de lutte contre le terrorisme
par exemple, Israël, depuis les années 1990, continue de nouer
des relations avec de nouveaux pays, dorénavant libérés du
joug soviétique.
Les
années 1990
ont donc vu le rapprochement d'Israël avec des partenaires
tout d'abord réticents. Elles ont également été le théâtre
de nouvelles alliances, dont le socle, au-delà d'une identification
réciproque, est la coopération anti-terroriste. Par ailleurs,
pour certains pays, Israël sert de vecteur idéal pour tisser
des liens avec les États-Unis. À titre d'exemple :
Le
régime nassérien
en Égypte, [...] devenu l'Égypte de Sadate et de Moubarak, [...]
vit de la manne américaine et [...] est obligé, de ce fait, de
maintenir des relations diplomatiques avec Israël, contre le
sentiment profond du peuple égyptien.[24]
De
même la Turquie, grâce à son alliance avec Israël
depuis les années 1950, peut affirmer son ancrage dans le camp
occidental. Les responsables turcs sont en effet conscients
que le développement des relations avec Israël est corrélé à leurs
propres rapports avec les États-Unis. Non seulement la remise
en cause des relations avec Jérusalem peut constituer pour la
Turquie un moyen efficace de pression sur les États-Unis, mais
surtout, à l'inverse, le maintien de relations fructueuses
avec Israël lui paraît indispensable pour obtenir des avantages
potentiels de Washington :
Cette
relation triangulaire est d'autant plus nécessaire
pour Ankara que, sur le marché du lobbying,
les Turcs sont défavorisés
par rapport à leurs rivaux : les Grecs et
les Arméniens.
Dans une certaine mesure, le « lobby juif » agit
« pour le compte » de la Turquie.[25]
Enfin,
bien qu'Israël
ait relevé son défi sécuritaire, au mieux de ses capacités,
et soit entré progressivement dans la phase « post-héroïque » de
son histoire, il lui reste à consolider son insertion sur la
scène régionale. Il lui faut ainsi parachever la conclusion
de la question palestinienne afin de mener les négociations
de paix à leur terme et d'aboutir à la création d'un État palestinien
démocratique.
CONCLUSION
La
nouvelle position de l'OTAN vis-à-vis d'Israël témoigne de l'évolution de l'Organisation
même, laquelle tend à faire de la lutte anti-terroriste et
de la protection des démocraties sa nouvelle mission centrale.
En effet, depuis le 11 septembre 2001, l'OTAN a pris la mesure
de la menace mondiale que représente l'islam radical, dont
l'une des sources est le Moyen-Orient. Les activités nucléaires
de l'Iran ont d'ailleurs contribué au renforcement du sentiment
de menace qui pèse sur l'OTAN.
Quant à la possibilité qu'Israël
devienne membre de l'OTAN, les valeurs démocratiques seront
avancées avant tout. En effet, Israël représente--comme le rappelle
Kenneth R. Weinstein, directeur exécutif du Hudson Institute--une
nation occidentale en terre orientale, véritable avant-poste
de la démocratie (le « canari dans la mine de charbon » du
terrorisme islamique)[26].
Une telle décision marquerait la reconnaissance de la place
d'Israël dans la communauté euro-atlantique.
Si
l'option d'adhésion
promet de nombreux avantages pour Israël sur les plans diplomatique,
stratégique, militaire et économique, elle revêt essentiellement
un caractère naturel du fait des évolutions respectives, depuis
une quinzaine d'années, d'Israël et de l'OTAN. Cette option
n'est pas une perspective assurée et reste, pour le moment,
au stade des possibilités. Ceci dit, le rapprochement de ces
deux entités semble les diriger dans cette direction. Si Israël
et l'OTAN choisissent d'unir leurs destins, cette union pourrait
alors être définie comme le fruit d'un irrésistible élan.
Dans
le contexte de crise avec l'Iran, l'OTAN peut pleinement
jouer son rôle.
Souhaitant attendre le règlement du processus de paix israélo-palestinien,
l'Alliance se montra trop prudente ces dernières années, mais
des voix s'élèvent aujourd'hui pour qu'elle s'engage enfin
clairement aux côtés d'Israël. La menace iranienne, telle qu'elle
est formulée actuellement, est d'abord dirigée contre Israël
et amènera certainement l'Alliance à regretter son approche
politiquement correcte et son ménagement des susceptibilités,
faisant dépendre les liens entre Israël et l'OTAN des velléités
du Hamas et des pays du dialogue méditerranéen[27].
Si l'OTAN compte s'engager à défendre la sécurité d'Israël,
le moment est propice pour relever un tel défi, ou tout du
moins pour poursuivre dans la voie de la lutte contre le terrorisme.
Rappelons, avec Bill Kristol, la leçon d'Aron : « une
démocratie libérale est vigoureuse et en bonne santé quand
elle ose tenter d'affaiblir les tyrannies » [28].
*Julie
Decroix est secrétaire générale d'Afidora, think tank d'étudiants
français sur le Proche-Orient ; elle est doctorante à l'Institut
catholique de Paris.
NOTES
[1]
Dans l'article « Expanding Club NATO » [« Développer
le 'Club de l'OTAN' »] (New York Times, 26 octobre
2003), Thomas L. Friedman se fait le défenseur de l'adhésion
d'Israël à l'OTAN : À la faveur d'un sentiment de sécurité plus
affirmé, les Israéliens seraient devenus moins réticents à faire
la paix et, une fois cette dernière signée, les deux parties
pourraient alors être surveillées par l'OTAN, conduite par
les États-Unis et considérée comme une force fiable.
[2] « NATO
vs. Islamist Terror » [« L'OTAN face à la terreur
islamiste »], The Wall Street Journal, 28 novembre
2005.
[3] « NATO:
An Alliance for Freedom » [« L'OTAN : une
alliance pour la liberté »], présenté devant l'American
Enterprise Institute, le 16 novembre 2005: « I do
believe we are facing a mortal enemy. I believe NATO is the
best collective organization we have, the western democracies,
to face this historical challenge. But not the NATO we have
today, but a new NATO. I already mentioned the need of a
homeland security dimension. In order to win this battle
against terrorist evil, NATO must expand its geographical
scope. In that regard, we propose in our report that the
next enlargement process would be opening NATO's doors to
countries like Japan, Australia, Israel, as well as to build a strategic partnership
with other nations like Colombia, all of them in the forefront of fighting
terrorism ».
[4] Frédéric
Encel, « France, Israël : deux démocraties, deux
visions géopolitiques », conférence à Sciences-Po Paris,
organisée par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF),
le 2 juin 2005.
[5] Rappelons
que Téhéran multiplie les discours énonçant sa volonté de
détruire Israël. Voir à ce sujet Daniel Pipes, « Iran's
Final Solution Plan » [« Le plan de solution finale
de l'Iran »], New York Sun, 1er novembre 2005.
[6] Uzi
Arad, « Is Israel Headed
for NATO? » [« Israël se dirige-t-il dans la direction
de l'OTAN ? »], Ynet Opinion, 1er février
2006.
[7] Encel, « France,
Israël : deux démocraties, deux visions géopolitiques ».
[8] Soner
Capaptay, « NATO's Transformative Power » [« Le
pouvoir transformateur de l'OTAN »], National Review
Online, The Washington Institute for Near East Policy,
2 avril 2004.
[9] Communication
du ministère israélien des Affaires étrangères, 27 avril
2006.
[10] Zaki
Shalom, « Israel and
NATO: Opportunities and Risks » [« Israël et l'OTAN
: opportunités et risques »], Strategic Assessment,
vol. 7, no. 4, mars 2005.
[11] International
Institute for Strategic Studies (IISS), The Military Balance
2003-2004 [L'équilibre militaire 2003 - 2004],
Oxford University Press, octobre 2003.
[12] Ron
Prosor, « La dimension atlantique d'Israël », Jerusalem
Post, 24 février 2005.
[13] Zeev
Boim, « A Partnership with NATO? » [« Un partenariat
avec l'OTAN ? »], Haaretz, 25 février 2005.
[14] Traité de
l'Atlantique Nord, 4 avril 1949, Article 5 : « Les
partis conviennent qu'une attaque armée contre l'une d'elles
survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée
comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en
conséquence, elles conviennent que, si une telle attaque
se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de
légitime défense, individuelle et collective, reconnu par
l'article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie
ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement
et d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle
jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée,
pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique
nord. »
[15]
Zaki Shalom, « Israel and
NATO: Opportunities and Risks ».
[16] Frédéric
Encel, « L'armée israélienne et ses spécificités géopolitiques », Hérodote,
no. 116, La
Découverte, 1er trimestre 2005, pp. 144-145.
[17] Uzi
Arad, « Knock, Knock: Israel Belongs
to the Euro-Atlantic Community » [« Toc, toc : Israel appartient à la
communauté euro-atlantique »], Daily Star, 24
février 2005.
[18] Martin
Van Creveld, in Stéphanie Le Bars, « Trois questions à...
Martin Van Creveld », Le Monde, 29 juin 2005.
[19] Voir
Christopher Bennett, « Aider l'Amérique », Revue
de l'OTAN, Hiver 2001/2002.
[20] Dagmar
de Mora-Figueroa, « La
Réponse de l'OTAN au terrorisme », Revue de l'OTAN,
Automne 2005.
[21] May
Chartouni-Dubarry, « Armée et nation en Israël :
pouvoir civil, pouvoir militaire », Notes de l'IFRI,
no. 10, 1999, p. 9.
[22] Shimon
Peres, Un temps pour la guerre, un temps pour la paix,
Robert Laffont, Paris, 2003, p. 135.
[24] Alexandre
Adler, J'ai vu finir le monde ancien, Hachette Littératures,
coll. Pluriel, Paris, 2002, pp. 141-142.
[25] Alain
Dieckhoff, « Israël et la
Turquie : contrastes et perspectives », in Elizabeth
Picard (dir.), La
Nouvelle dynamique au Moyen-Orient. Les relations
entre l'Orient arabe et la
Turquie, L'harmattan, Paris, 1993, pp. 152-153.
[26] Kenneth
R. Weinstein, « US Strategy in the Middle
East and the 2004 Presidential Election. 9/11: Towards a
Redefinition of America's Role in the World » [« La
stratégie des États-Unis au Moyen-Orient et l'élection présidentielle
de 2004. 11 septembre : vers une redéfinition du rôle de
l'Amérique dans le monde »], Asia-Pacific Review,
vol. 11, no. 2, 2004.
[27] Ronald
D. Asmus, « Contain Iran: Admit Israel to NATO » [« Endiguer
l'Iran : admettre Israël dans l'OTAN »], Washington
Post, 21 février 2006.
[28] Raymond
Aron, Le Figaro, 25 avril 2005.
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